Jugend für Dora e.V.

 

 

Wie sollen wir sie benennen - die seltenen Gespräche

Gespräche mit Überlebenden, mit Zeitzeugen der Konzentrations- und Vernichtungslager, sind für uns und alle die, die mit uns eine kürzere oder längere Zeit verbringen, fast etwas selbstverständliches, aber stets in dem Bewusstsein, dass diese Gespräche und Treffen etwas sehr besonderes sind. Wir haben Menschen aus aller Welt kennen gelernt, haben aus ihren Biographien und von ihren Wegen erfahren. Wir haben uns wieder und wieder getroffen und eine fast familiäre Beziehung aufgebaut. Dies war nicht immer einfach aufgrund ihrer zum Teil weit entfernten Heimat und ihrer jetzigen Lebenssituation.

Wir haben Überlebende mit ihren Familien nicht nur an den Orten des früheren Schreckens wie in Dora, Ellrich oder Harzungen getroffen, sondern mitunter auch auf unseren Reisen in ihre Heimatländer. Sie haben aus sehr unterschiedlicher Sicht berichtet und uns Einblicke in ihre Gedanken gewährt.

Durch vielfältige Begegnungen und Briefe ist etwas vertrautes zwischen uns gewachsen. Langsam müssen wir aber lernen, dass diese Beziehungen in ihrer Zeit begrenzt sind. Daraus erwächst etwas Neues für uns, für alle, nämlich die Verantwortung, diese Erlebnisse und Erfahrungen weiterzugeben. Wir können damit zwar die persönlichen Gespräche mit Betroffenen nicht ersetzen, aber die Erinnerung an sie bewahren.

Zeitzeugen haben unseren Horizont erweitert. Denn in ihren Berichten haben wir nicht nur von den furchtbaren Erfahrungen und Erniedrigungen im KZ gehört, sondern auch von den Kriegserlebnissen ihrer Familien. Weit darüber hinaus ist es zum einen beeindruckend und zum anderen verstörend zu erfahren, wie unterschiedlich Überlebende nach dem Krieg mit ihrer Vergangenheit umgegangen sind und umgehen mussten.

Diese Begegnungen regen unsere Gedanken an und bringen Fragen hervor, die letztendlich die Entwicklung unseres Vereins prägen. Die Ideen für Reisen zu Orten wie z.B. Berlin, Auschwitz, Breendonk oder Südfrankreich entstanden aus Gesprächen und anschließenden Diskussionen. Gleichzeitig förderten sie die inhaltliche Auseinandersetzung mit der Geschichte der Konzentrationslager und ihrer Strukturen, die z.B. in Lesungen aus dem Buch "Planete Dora" von Yves Béon oder in dem Seminar "Fremd sein in Ellrich" zum Ausdruck kamen.

Es ist sehr schwierig die vielen Begegnungen an Namen festzumachen, aber einigen wollen wir an dieser Stelle für ihre Begleitung danken: Danke Willi Frohwein und Ewald Hanstein. Merci beaucoup Jean Mialet, Jacques Brun, Etienne Eckert, Yves Béon, Max Dutillieux, Jacques Grandcoin, Guido Schreve und Louis Garnier, Francois Heumann und Henry Bousson. Danku Albert Van Hoey und Albert Van Dijk, Leopold Classens und Josef Huybreghts. Dencuje barco Zbigniew Mikolajczak, Dencuje Otokar Litomisky und Vilem Murice. Bolschoje spasibo Pawel Petschenko und Nikolai Petrowitsch.

Stimmen von Überlebenden

"Ich habe die Hälfte meiner Familie verloren. Mein Vater wurde auf brutale Weise von der Gestapo im Fort VII in Posen ermordet. Mein 16jähriger Bruder wurde von der SS erschossen als meine Mutter und ich in denselben SS-Erziehungslager ZABIKOWO bei Posen waren. Meine Mutti wurde nach Ravensbrueck verschleppt. Ich ging durch die Konzentrationslager Gross-Rosen, Buchenwald-Langensalza, schon mit Symbol eines Ausreißers bezeichnet, weil ich aus dem Außenkommando entflohen war, und Mittelbau-Dora in Nordhausen. Man hat uns alles genommen ... Was die Dora-Jugend betrifft bin ich euer Enthusiast, besonders die Pflege der Gräber, die Suche nach den Todesmärschen, die Sammlung der Interviews. Die so genannten echten Historiker nehmen sehr oft Abstand von den Zeitzeugen, weil sie nicht mit einem Haufen Dokumentation kommen. Aber das subjektive Erlebnis ist genau so wichtig, wie die Dokumente. Das wussten die NAZIs sehr gut. Darum wurden die Dokumente aus vielen Lagern vernichtet und eventuelle Zeitzeugen ermordet. Aber den bösen Geist aus dieser Zeit kann man ab und zu aus der Flasche befreien, ihn angucken und wieder verschließen, damit man nicht vergisst, damit nicht frech gelogen werden kann."

Zbigniew Mikolaiczak (polnischer Überlebender, 2005)

Je retourne parfois à Dora, non pas pour retrouver un lieu maudit, mais pour rendre un hommage à mes camarades qui ont souffert et qui sont morts . Ce camp avait été oblitéré pendant des dizaines d'années car les grandes puissances ne voulaient pas que soit connue l'origine de la conquête spatiale. Maintenant Dora est connue dans le monde entier. Il n'est pas question de reconstruire le camp ni le Tunnel, mais de bâtir un mémorial à la mémoire des milliers de morts. Et c'est ce qui se fait. J'ai eu à plusieurs reprises l'immense plaisir de rencontrer les équipes de Jugend für Dora, ces garçons et ces filles qui viennent de l'Europe entière pour, par leur travail, chercher des traces de ce qu'était le camp. Ils ont des outils très délicats, ils creusent dans la zone des blocks. Lorsqu'ils sentent quelque chose ils utilisent des pinceaux pour dégager lentement ce qui se trouve là, un reste de notre disparue. Et puis la chose est portée au avec beaucoup de soin. On se croirait en Egypte, à Karnak ou à Abu Simbel. On se rend compte que ces jeunes ne font pas ce travail par curiosité. Ils pensent à ceux qui étaient là il y a maintenant soixante ans. Merci à toi, Dorothea, merci à tous tes amis qui font ce si beau travail. Et merci à tous les gens du Gedenkstätte.

Yves Béon, (France, ancien déporté, 2004)

Le 11 avril 1995, notre petit groupe d'anciens du kommando AEG était rassemblé à Dora pour le cinquantenaire de la Libération du camp. J'ai appris plus tard que quelques uns des jeunes étudiantes et étudiants avaient décidé en 1995 de créer "Jugend für Dora" (Une Jeunesse pour Dora). En août 2000, je reviens une nouvelle fois à Dora à la demande de Dorothea qui organise avec l'association chaque année son "Camp d'été International". J'arrive donc à Dora le 14 août au début de la matinée où je suis accueilli très chaleureusement. Je suis accompagné dans un endroit de la forêt où une équipe de jeunes travaillent déjà sur l'emplacement d'une ancienne baraque. Ils sont entrain de nettoyer le terrain des bois morts, buissons, et jeunes arbres qui l'avaient envahi. Une fois les fondations mises à jour, les fouilles pourront commencer pour tâcher de repérer et d'identifier la baraque, et éventuellement découvrir des objets pouvant être intéressants pour l'Histoire du camp. A midi, nous faisons dehors un sympathique repas en commun. En fin d'après-midi, je retrouve tous ces jeunes groupés autour d'une grande table de la salle de réunions. Ils sont venus écouter mon exposé qui sera traduit presque instantanément en Allemand et en Anglais. C'est donc très ému et assez impressionné, que je me lance à faire un exposé sur ce que j'ai vécu ici il y a plus de cinquante ans. L'exercice est difficile car il est pratiquement impossible de décrire, et surtout de faire comprendre à quelqu'un qui ne l'a pas vécu, ce qui est absolument inimaginable, comme par exemple l'atmosphère de peur, de haine, de brutalité, de folie... qui régnait dans cet "enfer" qu'était Dora durant les premiers mois. Par contre j'ai été heureux de pouvoir répondre aux questions qui m'étaient posées. Le soir, les jeunes toujours très chaleureux nous reçoivent à dîner dans leur camp situé à quelques kilomètres de Dora. J'aurais souhaité pouvoir discuter avec chacun d'eux mais le barrage des langues m'en a empêché; aussi je veux les remercier pour la contribution très importante qu'ils apportent à l'entretien et l'amélioration des deux camps, mais je veux aussi leur dire que je suis très impressionné par l'exemple qu'ils donnent en montrant que des jeunes de pays différents, de langues différentes, de cultures ou de religions différentes peuvent travailler ensemble dans un même but : vouloir apprendre à bien connaître le passé et s'engager à tout faire pour qu'il ne revienne pas demain.

Henry Bousson (ancien déporté, 2004)


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